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DEPECHE AFP |
| 16/09/02 |
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FRS0668 4 G Archéologie-découverte PREV 2000 ans
d'histoire démêlés par l'archéologie préventive près
d'Arras Par Alain FAUDEUX = (PHOTO)
=SAINT-LAURENT-BLANGY (PAS-DE-CALAIS), 16 sept (AFP) -
L'archéologie préventive, cette nouvelle donnée des grands aménagements, a son plus grand chantier sur un futur site industriel à Saint-Laurent Blangy, près d'Arras avec des témoignages allant de la guerre des Gaules à la bataille d'Arras, présentés lundi à la presse. Les vestiges d'un castrum (fortin) en bois de l'armée romaine de 70 mètres de côté entouré d'un fossé de 5 mètres de large et de sa nécropole constituent la découverte majeure, effectuée sur le site de 300 hectares du futur "Actiparc" du plateau nord-est d'Arras. Discrètement exploité pendant deux ans par une équipe de 25 personnes dirigée par des archéologues de l'Inrap (Institut national d'archéologie préventive) et de la ville d'Arras, le site a livré quantité de "mobilier" et d'informations sur les périodes gauloise et romaine pour lesquelles il fera désormais référence. Les recherches ont également pris en considération le "devoir de mémoire" car la zone est traversée par la tranchée allemande constituant un élément essentiel du siège d'Arras de 1914 à 1917. "Nous avons tracé des sillons de 2 mètres de large tous les 20 mètres, au total 120 kilomètres de zone sondée", a indiqué Gilles Prilaux de l'Inrap, un des responsables de l'opération. Le site était prometteur mais les résultats sont allés au-delà des espérances des scientifiques. Le niveau le plus bas a mis en évidence une organisation agricole sur le territoire des Atrébates, tribu gauloise occupant une partie de la Belgique et la région de Lille, datant du premier siècle avant J-C. Un habitat principal et une demi-douzaine d'autres constructions, toutes orientées vers le sud-est jalonnent un chemin de plusieurs kilomètres desservant une zone de production et de stockage des céréales. "Nous y avons trouvé les traces de fourneaux destinés à la production de lingots de sel de mer qui constituent une énigme étant donné la distance qui les sépare des rivages", indique M. Prilaux. 30 ou 40 ans avant J-C, les légions romaines choisiront le site de l'habitat principal des Gaulois pour y établir leur garnison, avec fossés et palissades, sans oublier des thermes(bains). C'est la nécropole voisine de 600 m2 qui recelait la plus grande quantité de matériel, enfoui dans les tombes, souvent au titre de viatique vers l'au-delà: 30 amphores, des fibules, un porte-cimier sur lequel était fixé la crête rouge surmontant un casque et surtout une chaise curule en fer dont seulement deux autres exemplaires ont été trouvés en Gaule. Les chercheurs ont établi que la garnison, qui ne semble pas avoir été soumise à une intense activité militaire, a laissé place au bout d'un siècle à une villa, une ferme gallo-romaine pendant le bas-empire et que la présence humaine sur le site semble s'être éteinte au Vème siècle. |